Partager l'article ! LES Marocains d’ailleurs. Identités et diversité: • Un nouvel ouvrage retrace leur histoire, leur mode de vie,... • Cinq millions de Maro ...
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
• Un nouvel ouvrage retrace leur histoire, leur mode de vie,... • Cinq millions de Marocains aux quatre coins du monde «LES Marocains d’ailleurs. Identités et diversité culturelle», c’est le titre d’un ouvrage qui vient de paraître aux éditions La Croisée des Chemins, avec une collaboration du CCME (Conseil de la communauté marocaine à l’étranger). L’auteur est le professeur Mohamed Hamadi Bekouchi, un intellectuel qui a passé une quarantaine d’années de sa vie à l’étranger. Il signe ici son sixième ouvrage, dans lequel il s’intéresse aux cinq millions de Marocains qui sont installés aux quatre coins du monde, dont 300.000 représentent l’élite. Pour lui, si ces Marocains d’ailleurs pouvaient être écoutés et motivés par les décideurs marocains, ils pourraient créer des merveilles. «Ils exercent déjà une influence certaine sur les stratégies de négociation et de partenariat entre le Maroc et leur patrie d’adoption», souligne l’auteur. Ce dernier revient sur l’histoire de l’émigration des Marocains vers l’Europe et ailleurs. Il rappelle que c’est au début du siècle dernier que les premières émigrations marocaines ont commencé en masse. Les indigènes les plus robustes et les plus soumis étaient sélectionnés pour être engagés dans la Première Guerre mondiale ou pour se substituer aux paysans et ouvriers français retenus au front. Et pourtant, les anciens combattants ont été trop peu indemnisés. Aujourd’hui encore, ils perçoivent à peine un cinquième par rapport à leurs homologues français. Au début des années 1960, des équipes étaient envoyées par le patronat européen pour embaucher la plus docile main-d’œuvre rurale. Les départs ont entraîné des séparations douloureuses et des chocs psychologiques chez les familles restantes au Maroc comme dans les pays d’accueil. Jusqu’au début des années 1970, plusieurs contingents partirent vers la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. Les migrants étaient à 90% des hommes ruraux, très peu instruits et sans qualification professionnelle, rappelle Bekouchi. Et à partir du 26 mars 1996, sans visa, l’entrée devient interdite pour les Marocains et les Maghrébins dans les pays de l’Union européenne. Résultat, c’est le début de l’émigration clandestine. Bekouchi revient ainsi sur le problème de l’émigration clandestine et ses dramatiques conséquences. Ainsi, des dizaines de milliers de «harragas» sont morts en mer ou sur la route. Le livre contient des chiffres sur le poids de cette diaspora. Plus de 83% du total se trouvent en Europe, et un sur deux vit en France, qui compte 1,3 million de Marocains. D’émigration plus récente, la communauté marocaine en Espagne arrive en seconde position, avec ses 800.000 membres, suivie de peu par l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. L’auteur évoque le problème de la traite des Marocaines dans les pays arabes. En grande majorité, elles pratiquent la prostitution via des pseudo-contrats de travail. Bekouchi s’intéresse à la diaspora juive dont les premières grandes vagues d’émigration ont commencé en masse avec la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948. Une autre période très forte correspond à la guerre de 1967. Ils vont s’éparpiller entre Israël, les Etats-Unis, le Canada, la France, la Belgique et l’Amérique latine. Dans le chapitre «Habitat et standing», l’auteur indique que les Marocains habitent à 75% dans des HLM, en périphérie des grandes agglomérations. Ces zones manquent cruellement de structures culturelles et artistiques. «Construites à la hâte et à moindre coût vers les années 60-70 pour loger les classes laborieuses autochtones et immigrées, elles forment des zones à haut risque de pauvreté, d’exclusion et de violence», souligne Bekouchi. Ce sont les Marocains du Canada et des Etats-Unis et dans une moindre mesure ceux des pays scandinaves qui jouissent d’une installation relativement avantageuse, avec «confort et standing». Dans les chapitres suivants, l’auteur traite de nombreux aspects de la vie de ces diasporas marocaines à l’étranger et de l’épineuse question du retour au pays. Il donne une foule de chiffres et de détails sur ces communautés et sur leur manière de vivre dans leur pays d’adoption. Les «Marocains d’ailleurs» est disponible à 70 DH. Mohamed Hamadi Bekouchi est sociologue, expert en management et ingénieur en travail social. Il a exercé des responsabilités au Maroc et à l’étranger, où il a passé la majeure partie de sa vie. Résident dans plusieurs pays où il enseigne les sciences de la communication et la sociologie de l’entreprise, Bekouchi est titulaire d’une série de doctorats d’Etat en sociologie d’entreprise, psychologie, pédagogie et communication. Il est l’auteur de six ouvrages. Parallèlement, il assure des interventions en tant que consultant. N. B.
Derniers Commentaires