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• Un nouvel ouvrage retrace leur histoire, leur mode de vie,... • Cinq millions de Marocains aux quatre coins du monde «LES Marocains d’ailleurs. Identités et diversité culturelle», c’est le titre d’un ouvrage qui vient de paraître aux éditions La Croisée des Chemins, avec une collaboration du CCME (Conseil de la communauté marocaine à l’étranger). L’auteur est le professeur Mohamed Hamadi Bekouchi, un intellectuel qui a passé une quarantaine d’années de sa vie à l’étranger. Il signe ici son sixième ouvrage, dans lequel il s’intéresse aux cinq millions de Marocains qui sont installés aux quatre coins du monde, dont 300.000 représentent l’élite. Pour lui, si ces Marocains d’ailleurs pouvaient être écoutés et motivés par les décideurs marocains, ils pourraient créer des merveilles. «Ils exercent déjà une influence certaine sur les stratégies de négociation et de partenariat entre le Maroc et leur patrie d’adoption», souligne l’auteur. Ce dernier revient sur l’histoire de l’émigration des Marocains vers l’Europe et ailleurs. Il rappelle que c’est au début du siècle dernier que les premières émigrations marocaines ont commencé en masse. Les indigènes les plus robustes et les plus soumis étaient sélectionnés pour être engagés dans la Première Guerre mondiale ou pour se substituer aux paysans et ouvriers français retenus au front. Et pourtant, les anciens combattants ont été trop peu indemnisés. Aujourd’hui encore, ils perçoivent à peine un cinquième par rapport à leurs homologues français. Au début des années 1960, des équipes étaient envoyées par le patronat européen pour embaucher la plus docile main-d’œuvre rurale. Les départs ont entraîné des séparations douloureuses et des chocs psychologiques chez les familles restantes au Maroc comme dans les pays d’accueil. Jusqu’au début des années 1970, plusieurs contingents partirent vers la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. Les migrants étaient à 90% des hommes ruraux, très peu instruits et sans qualification professionnelle, rappelle Bekouchi. Et à partir du 26 mars 1996, sans visa, l’entrée devient interdite pour les Marocains et les Maghrébins dans les pays de l’Union européenne. Résultat, c’est le début de l’émigration clandestine. Bekouchi revient ainsi sur le problème de l’émigration clandestine et ses dramatiques conséquences. Ainsi, des dizaines de milliers de «harragas» sont morts en mer ou sur la route. Le livre contient des chiffres sur le poids de cette diaspora. Plus de 83% du total se trouvent en Europe, et un sur deux vit en France, qui compte 1,3 million de Marocains. D’émigration plus récente, la communauté marocaine en Espagne arrive en seconde position, avec ses 800.000 membres, suivie de peu par l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. L’auteur évoque le problème de la traite des Marocaines dans les pays arabes. En grande majorité, elles pratiquent la prostitution via des pseudo-contrats de travail. Bekouchi s’intéresse à la diaspora juive dont les premières grandes vagues d’émigration ont commencé en masse avec la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948. Une autre période très forte correspond à la guerre de 1967. Ils vont s’éparpiller entre Israël, les Etats-Unis, le Canada, la France, la Belgique et l’Amérique latine. Dans le chapitre «Habitat et standing», l’auteur indique que les Marocains habitent à 75% dans des HLM, en périphérie des grandes agglomérations. Ces zones manquent cruellement de structures culturelles et artistiques. «Construites à la hâte et à moindre coût vers les années 60-70 pour loger les classes laborieuses autochtones et immigrées, elles forment des zones à haut risque de pauvreté, d’exclusion et de violence», souligne Bekouchi. Ce sont les Marocains du Canada et des Etats-Unis et dans une moindre mesure ceux des pays scandinaves qui jouissent d’une installation relativement avantageuse, avec «confort et standing». Dans les chapitres suivants, l’auteur traite de nombreux aspects de la vie de ces diasporas marocaines à l’étranger et de l’épineuse question du retour au pays. Il donne une foule de chiffres et de détails sur ces communautés et sur leur manière de vivre dans leur pays d’adoption. Les «Marocains d’ailleurs» est disponible à 70 DH. Mohamed Hamadi Bekouchi est sociologue, expert en management et ingénieur en travail social. Il a exercé des responsabilités au Maroc et à l’étranger, où il a passé la majeure partie de sa vie. Résident dans plusieurs pays où il enseigne les sciences de la communication et la sociologie de l’entreprise, Bekouchi est titulaire d’une série de doctorats d’Etat en sociologie d’entreprise, psychologie, pédagogie et communication. Il est l’auteur de six ouvrages. Parallèlement, il assure des interventions en tant que consultant. N. B.
Atelier
1. Echange & Développement interculturel au Maroc
12 /4 au 20 juin2010
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Séminaire
2. Développement Personnel & Intelligences collectives
13 & 14 mai 2010
Mohamed Hamadi Bekouchi
« De la libéralisation des mœurs à l’identité par l’objet »
Magazine V. H. (Version Homme) du Septembre 2009-09-04
Selon le sociologue, le phénomène qu’il nomme « identité par l’objet » résulte d’un bouleversement des valeurs et d’une absence de projet de vie et d’une frustration tant individuelle que collective. Il y voit aussi un mode de séduction de substitution, dans une société où les relations hommes/femmes sont en pleine mutation.
A quoi attribuez-vous cette culture du paraître qui a envahi les sphères privilégiées de la société marocaine ?
Ce phénomène est dû au vide social et l’absence de communication affective et cognitive produisant une déculturation de la société marocaine qui est fortement bourrée de tensions et de paradoxes. Ainsi, cette situation est renforcée par une individualisation et une insensibilité par rapport au bien être social, « Mon argent est pour moi et Dieu.. », dans une société idéologiquement monolithique et communautariste. D’un côté, on a l’impression qu’on navigue en solo, un hyper individualiste – ce qui est en partie vrai, à cet effet, la pléthore des sites de rencontres libertines et la démultiplication des lieux (cafés, bars, clubs, hôtels,..) sombres et douteux de la drague et de la prostitution l’atteste – ; d’un autre côté, on est sous la coupe du groupe familial et des amis via le contrôle social continu. Incompris, surtout insatisfaits et égarés, ces jeunes gens se lancent dans une relation homme/femme de guerre de sexes bien différente, voire opposée de celle de leurs ainés. Aujourd’hui, avant un mariage ou une relation stable, on a eu cinq, dix, vingt, relations sexuelles et plusieurs partenaires. Or, quand on est le 36ème, le taux d’inflation affective- sexuel est trop élevé, ce qui rend très difficile pour une personne de pouvoir se distinguer de la foule, d’être évaluer à sa juste valeur, d’être l’aimée. Il faut se souvenir qu’il n’y a pas très longtemps encore, dans la culture méditerranéenne, le pouvoir de la gestion sexuelle se traduisait par la présence unique de l'homme, seul chef de famille, père ayant progéniture abondante. Depuis les années 1980, l’homme marocain se trouve sévèrement concurrencé dans les différentes sphères de la société (école, entreprise, médias, les espaces des loisirs...) par la femme, en quête d’autonomie, de relations plus équilibrées et plus franches. Du coup, l’identité masculine va être ébranlée, mettant sa domination de la sexualité en doute et, plus généralement, il va être en grande partie dépossédé de la gestion des espaces publics.
Dans une société de consommation passive, d’asservissement et du jetable, la personnalité est en pleine déconstruction –reconstruction, notamment par la banalisation et la standardisation du sexe qui devient produit. Coûte que coûte, l’affirmation de l’identité par l’objet s’impose comme une étape transitoire et de transmutation puisque pour la très grande majorité des gens, leur inconscient semble n’être qu’eux-mêmes; il ne paraît plus représenter ce qui n’est pas eux, en eux. Certes, chaque fois qu’ils ont beaucoup de bakchich et les privilèges de leur clan leur permettent, les signent extérieurs de richesse apparaissent chez bling bling recherchant, par des actes de cette nature, des facteurs de substitution et/ou de refuge : grandes demeures, grosses bagnoles, vêtements de marques, bijoux et montres de luxe, fréquentant que les endroits VIP et les people en vogue, etc. A ce titre, leur attrait relationnel et toute forme de jouissances ne peuvent être, dans ce cas, que mécaniques, éphémères et basiques. Nul doute, les bling bling vont être noyés dans un cocktail d’obsessions, de souffrance, de névrose d’angoisse et e troubles de changement, poussée davantage à se teindre du clinquant et du paraître.
Le bonheur est dans le plaisir immédiat et l’apparence?
On s’est habitué, à un âge précoce, à vivre à l’instantané et au zapping : Concrètement, « les mères passent toute leur journée à faire mijoter des saveurs et des délices, cependant, une fois le repas est servi ; on bouffe en quelques minutes sans prendre le temps de l’apprécier ». De même, « on ne choisit jamais le programme de télé à regarder, par contre on passe toute la soirée à zapper dans une excitation fantasmagorique ». Sur un autre angle, quand vous demandez à un Marocain d’un certain niveau social ce qu’il va faire de son week-end, il ne vous répondra pas : « je vais aller à un musée avec ma femme, puis nous irons flâner dans des librairies». Il vous dira : « je vais à Ouarzazate », mais il n’aura pas d’idées de projet du voyage, ni d’originalité dans sa démarche ni encore des caprices régionaux au niveau intellectuel et socio culturel,
Pourquoi est-il limité dans ses projets, dans sa manière d’être et de se développer ?
Parce qu’il n’a d’abord jamais été préparé à découvrir les espaces du dehors et l’environnement, à se découvrir, à se connaitre, à se situer dans les espaces et à prendre des initiatives et à imaginer. Par conséquent, il n’est pas armé pour avoir confiance en soi et à ce qu’il advient… Donc, il vit présentement sans vertu à l’instantané. Parce que, quand vous écoutez le discours officiel au Maroc, on parle beaucoup d’un passé glorieux ou alors, d’un avenir en couleurs ; 2014, de 2020, 2030 mais rares sont les décideurs qui évoquent un présent et les préoccupations et les inquiétudes quotidiennes des gens. Donc, quand on avance en âge, les personnes vont avoir de plus en plus de difficultés avec elles-mêmes puisqu’elles ont raté l’affirmation de leur personnalité à l’âge de l’adolescence, loupant le coche une seconde fois 30-35 ans, nul doute, elles vont traîner cette personnalité molle sans culture identitaire jusqu’à 50 ou 55 ans... Et parfois très longtemps après
D’où leur besoin d’être constamment en bande ?
Oui, parce que le groupe, c’est facile, sécurise, la peur du silence et du vide, Quoi qu’il en soit, on préfère la meute des soumis et des dépendants : il faut se positionner en leader du groupe, celui qui sera le plus visible, le plus puissant financièrement… Tout cela révèle une énorme anxiété de se retrouver avec soi, de ne pas avoir confiance en soi. Autrement dit, on n’est pas capable de savoir ce qu’on veut, ce qu’est notre projet de société, notre projet de vie. Or, ces projets, ni l’école, ni notre famille, ni notre société ne nous ont éduqué à les imaginer, à les construire. Dans d’autres sociétés, à titre d’exemple, la scandinave, les enfants partent de la maison à 18 ans et ils y sont préparés. Nous, on ne l’est pas : on est chouchouté par papa et maman pour le manger, l’habiller … C’est une différence fondamentale avec le Maroc des années 1970 : à cette époque-là, les jeunes partaient et c’est eux qui ramenaient de l’argent à la maison. Maintenant, les parents continuent à payer les frais de séjour et des études de leurs enfants âgés de 30 ans et +. Par peur der se retrouver tous seuls où par manque de confiance en leurs enfants, les parents ne peuvent se résoudre à les laisser voler de leurs propres ailes. Ils veulent à tout prix, au sens propre et figuré, les amener à se construire selon un modèle rêvé qu’eux n’ont pas pu réaliser. Ces parents ont fait de leur enfant un accessoire, un objet, dans le sens où leur identité apparaîtra par l’intermédiaire de la valeur de celui-ci : « Voilà ce que j’aurais voulu être, mais je n’ai pas pu. Alors, je vais miser au maximum sur mon fils ou ma fille pour qu’il le devienne ».
Cette aspiration à un avenir meilleur pour la jeunesse marocaine, on l’a connue en Europe dans les années 60 et 70. Le résultat n’a pas été la déculturation dont vous parlez. Pourquoi cela arrive-t-il chez nous, aujourd’hui ?
Parce qu’en Europe, à ce temps-là, l’évolution des sciences et des technologies était moins rapide qu’aujourd’hui, il est vrai que l’école publique a atténué le poids de la culture de changement. Actuellement, il y a une inflation démesurée du savoir. En 2008, plus de 800 nouveaux produits sont apparus dans le seul domaine de la télévision. Auparavant, quand une découverte scientifique arrivait, on la respectait. Regardez les modèles de voiture d’autrefois : quand la 4L, la 2CV ou la DS sont apparues, on ne les trouvait pas nécessairement belles, et puis on s’est habitués. Chacune avait un dessin très particulier, avait son style, son utilité. Aujourd’hui, toutes les voitures se ressemblent, donc pas originales. En effet, quand les choses se ressemblent, l’identité ne peut être qu’impersonnelle et insignifiante, ne favorisant point la distinction sociale. Sans être dans une société collectiviste, les Marocains font tout de la même façon ; fort de constater qu’ils ne peuvent pas avoir une identité, une personnalité affirmée. Il va de soi que l’identité personnelle se construit dans un cadre de références culturelles et sociétales sur des valeurs, sur des expériences de la vie et des ambitions. On évolue dans une culture de masse où chacun personne pense et pratique le bonheur comme un objet matériel, un bonheur qui se paye et consommé en instantané toutefois il n’est ni conçu, ni désiré moins encore passionnément partagé.
Est-ce qu’on ne peut pas voir la chose de manière positive, se dire que ces personnes ont gagné ce qu’elles ont par leur travail et qu’elles sont des exemples de méritocratie ?
Il est normal que quelqu’un qui a beaucoup travaillé puisse jouir de ses biens. Et s’il peut donner envie aux autres de travailler davantage, d’espérer, de croire à la réussite, c’est parfait. Le Mal le Marocain (1)[1], c’est qu’on étale n’importe quoi et n’importe sa richesse où sans prendre en considération le mode et la condition de vie pénible des classes moyennes inférieures qui représentent la très grande majorité des habitants de ce pays. Ce qui explique par exemple, quand on voit quelqu’un passer au volant d’une berline, la première réaction va être de dire : « c’est un voleur, un corrompu ». Réaction primaire néanmoins elle peut être comprise de la part du citoyen marocain, du moment, où il n y a pas une transparence, une morale institutionnelle et une justice sociale. Le jour où le citoyen aura accès à une information publique lui permettant de vérifier que le propriétaire de la belle carrosse a gagné proprement son argent, de surcroit, il paye ses impôts…la perception de l’autre changera positivement.
Retrouve-t-on ce phénomène dans d’autres pays émergents ?
Certainement de manière très inquiétante et grossière. Peut-être moins en Afrique du Sud et au Brésil, où on est plus impliqué par trouver une harmonie entre la pluralité des identités culturelles. Par contre en Chine, et plus particulièrement dans les pays Arabes ; les Emirats du Golf, l’Egypte, l’Algérie, en tête du peloton, les bling bling prévalent un certain fétichisme de l'argent où on y retrouve les mêmes symptômes de pathologies de l’argent. Il est évident qu’une relation organique existe entre, d’une part, le phénomène de l’identité par l’objet et l’étalement des signes extérieurs de richesse, d’autre part, le déficit criant en culture politique et en démocratie.
Comment, selon vous, peut-on sortir de cette identité par l’objet ?
Il nous faut un projet de société, de nature politique. Qui dit politique, exige un apprentissage à la démocratie, à l’école, à l’entreprise, et également par l’intermédiaire des partis, des associations et des syndicats ... Comme on n’a rien de cela, on patauge au risque d’enfanter des démons. C’est clair, Je pense que le passage obligé est d’instituer dans un système libéral la formation et l’information de la culture politique, pour que chaque citoyen soit en mesure de faire choix tout en impliquant ensemble dans un grand et ambitieux projet de société. Il nous faut une révolution d’idées, de courants de pensée…une culture de changement et d’engagement. Pendant deux ou trois ans, le Maroc crée des forums, des espaces intelligents de dialogue, d’échanges et de propositions sur le vivre ensemble et le bien collectif. Attention, pas seulement avec des technocrates, des politicards et des responsables associatifs: il est capital d’aller vers le peuple et les différents groupes de croissance (jeunes, femmes..) les écouter, les considérer, les intéresser pour qu’ils s’engagent à travailler, à inventer une nouvelle société plus ouverte, plus tolérante, plus dynamique offrant les mêmes chances à tous et à toutes...afin que le Maroc intègre le cercle des nations heureuses.
Interview
Pr Med Hamadi BEKOUCHI
Le Magazine “Famille actuelle”
Juillet 2009-07-09
L’éldorado n’est plus de l’autre côté de la Méditerranée
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1. On remarque que certaines MRE sont rentrés au Maroc à cause de la crise économique en Europe. Est ce que vous avez des chiffres officiels?
La crise frappe en plein fouet les marocains de l’étranger ; en Europe comme en Amérique, plus particulièrement au Canada.
Phénomène sociologique nouveau, le chômage touche pêle-mêle, le Marocain quel que soit son niveau, toutefois, ce sont les ouvriers du BTP et automobile et les employés du service et du tourisme qui sont en masse exclus du monde du travail. Et deux fois plus, ceux qui ont conservé leur nationalité par rapport aux naturalisés ou ayant nés sur place. Sachant que même les binationaux ne sont guère en situation confortable.
Le cas le plus flagrant est celui des marocains d’Espagne. Dans le paquet de312.373 des ressortissants de pays hors Union Européenne sans emploi ; les Marocains y sont les premières victimes puisqu'ils
constituent la première communauté étrangère en Espagne, avec plus de 650.000 personnes. Le
taux de chômage a atteint 33% chez les immigrés marocains vivant en Espagne(OCDE2009), et 21% pour le total des
étrangers alors que la moyenne en Espagne est de 14,4% / ministère du travail Espagnol. Pire encore, la situation des marocains sans papiers est la plus pénible. Formant un bataillon de plus de
50 000 personnes sans droit à aucune allocation, dont beaucoup viennent à peine d’avoir acheté leur
ticket d’accès à la misère européenne dans le prix varie entre 70 000 dhs à 150 000 dirhams Idem en Italie qui serre les vices et renforce sévèrement l’introduction familiale. Les errants
marocains peuplent les espaces publics (jardins, places et les périphéries..) de Rome et du Milan.
Le pays du Froid, le canada, les immigrants sont 2 fois plus en chômage (11,5%) que leurs homologues de pure laine 4% statistiques du Département du Travail. 2008
Nul doute que la situation de nouveaux arrivants des Marocains doit être lourde, car d’après l’étude « seuls ceux qui sont installés depuis au moins dix ans, à condition d’être recyclés (ayant obtenus un diplôme canadien), forment le groupe dont la situation sur le marché de travail s’apparente le plus à celle de la population autochtone.
Dans l’Hexagone, la règle de discrimination a été respectée, 2 fois plus d’immigrés (15,3%) en chômage que les Français (7,3). INSEE 2008
Qui dit mieux, ce n’est pas probablement la Belgique dont les non européens sans emploi sont 4 fois plus nombreux que les autochtones d’après l’OCDE.2008
Dans l’ensemble, les jeunes et les femmes sans qualifications prisés qui se trouvent éjectés par la spirale sociale vers l’exclusion.
2. Quelles sont les tranches des MRE les plus touchées par la crise et les plus condamnées à un retour forcé au Maroc?
Personne n’est condamnée à retourner au Maroc, même les sans papiers. En d’autres mots, en quoi le Maroc va être plus clément et peut les aider à trouver un travail, par exemple, à suivre un stage d formations professionnelle. C’est une crise mondiale, le Maroc n’est nullement est épargné. Par contre, si le Maroc sait comment saisir les opportunités durant la crise, il peut réussir à rapatrier la « crème de la diaspora » ; sa matière grise est disponible en attente d’être motivée, séduite.
3. Qui sont ceux qui ont le risque de ne plus retourner en Europe après la fin de
La crise ?
Il est essentiel de savoir que l’El dora do n’est plus de l’autre côté de la Méditerranée, ni de l’Amérique. La perception de l autre monde depuis 2001 et les grandes crises de ces dernières années incitent les marocains du monde à penser et à aspirer vivre en mouvement là où les opportunités leur sont offertes. A bon entendeur salut, je parle des décideurs marocains. Sont-ils prêts à agir et anticiper, c’est une autre paire de manches.
4. Quelles sont les conséquences, matérielles, sociales et économiques de la crise économique sur les MRE? Comment pourrait-on les éviter?
Les conséquences toutes les classes moyennes, toutes origines confondues, bien sûr basses et inférieures
en premier. La très grande majorité va vivre dans l’angoisse et l’insécurité. Ce qui risque de résulter une désintégration familiale et sociale ; expulsion de logement, décrochage scolaire,
itinéraire, surendettement, pauvreté, divorce, délinquance, prostitution, drogue. Et le radicalisme islamique Ces facteurs de marginalisation et
d’exclusion existent sur une partie de la communauté marocaine à l’Etranger va prendre de l ampleur qui risque de ternir davantage leur image et le
Maroc.
La montée du racisme et de la xénophobie. Le bouc émissaire est bien entendu l’immigré qui a toujours un bon dos.
Conséquence financière se rapportant aux transferts de devises vers le Maroc. La baisse est déjà de18% si on compare avec l’année 2008. Attendons le retour des vacanciers et surtout la fin de 29009 pour avoir une idée plus précise.
Eviter ces conséquences c’est d’abord sortir de la crise. Il n y a pas de coupables! Les RME subissent plus qu’ils réagissent
5. Le rapatriement forcé est l'une des solutions choisis par certains états, qu'en pensez-vous?
Un choix de tacticiens politicards espagnols comme italiens qui en abusent chaque fois qu’ils se trouvent devant le mur. Incapables d’imaginer d’être proactives, capable de concevoir et de gérer une société diversifiée avec toutes ses mosaïques culturelles et sa personnalité au pluriel.
6. Quelles sont les conséquences de la crise économique sur le flux migratoire au Maroc?
Tout dépend d abord des stratégies politiques marocaines dans le domaine de développement économique et social et aussi de la sensibilisation et de la communication du gouvernement auprès des publics sensibles : jeunes, diplômés, investisseurs. ?
De l’autre côté, les gouvernants européens sont entrain de verrouiller un peu plus leurs portes vis-à-vis d’importants flux migratoires du Sud qui demeureront très longtemps encore de grande nécessité pour le développement économique et social des pays du Nord.
| Pr Med Hamadi BEKOUCHI Sociologue | ||||||||
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1. Déficit chronique en intelligences politiques et en projets innovants |
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| Par Med Hamadi BEKOUCHI * | LE MATIN | ||||||||
Véritable serpent de mer de la société marocaine, l’analphabétisme continue de ramper sourdement parmi nous. Entre abandons scolaires, absence de structures adaptées et baisse du niveau, ce sont des dizaines de millions d’exclus qui sont livrés à eux-mêmes.
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La formule qui consiste à dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes ne s’applique pas
vraiment au sujet de l’analphabétisme. Même si les chiffres sont importants, c’est moins de quantité que de qualité dont il s’agit ici. De plus, les enquêtes réalisées en ce domaine sont
relativement pauvres, et l’accès à l’information souvent incertain. Selon le dernier rapport 2008 du CSE (Conseil supérieur de l’enseignement), 400 000 élèves ont abandonné l’école en 2007, dont
plus de la moitié pour le seul cycle primaire, c’est-à-dire qu’il s’agit d’enfants qui sont tout simplement lâchés dans la nature. A ce rythme-là, on ne voit pas trop comment pourrait être réussi
le défi relevé par le Maroc d’éradiquer de façon quasi-totale le phénomène de l’analphabétisme d’ici à 2015. Les premiers à constater les dégâts sont les professeurs, beaucoup en ont gros sur le
cœur. Latifa L’Iraki est bien placée pour parler de ce problème tant son expérience est grande : professeur des lycées, elle a enseigné le français pendant des dizaines d’années ; elle a aussi
occupé le poste d’inspectrice des bibliothèques scolaires de Casablanca, et elle enseigne actuellement à titre de vacataire à la faculté de droit de Casablanca. C’est dire si elle connaît les
ravages de l’illétrisme à tous les niveaux du parcours scolaire. Selon elle, le problème se pose dès la petite enfance, c’est la question du préscolaire qu’il faut poser enfin dans notre pays :
«Le préscolaire n’existe pas au Maroc dans les écoles publiques. La maternelle, lieu d’éveil de l’enfant, est réservée aux écoles privées. C’est déjà là une première sélection». A l’autre bout de
la chaîne, le Baccalauréat ne se porte pas mieux : «On donne le Bac pour libérer des places. Comme il n’y a pas de recrutement de professeurs et que peu de nouveaux établissements scolaires
voient le jour, alors il faut laisser la place à d’autres. C’est une approche purement quantitative». De fait, on encourage la déperdition de ces jeunes et la baisse de niveau est inéluctable.
Témoignage consternant d’Amina Ibn Toumrt, professeur de français : «Dans ma classe de terminale, il y a des élèves qui ne savent pas déchiffrer et qui ne connaissent pas l’alphabet. En terminale
! » Comme le redoublement est devenu limité (sauf dérogation, un élève ne peut redoubler plus de deux fois au cours de sa scolarité), les collèges et lycées publiques font passer les élèves en
classe supérieure avec 8 de moyenne générale et 5 ou 6 de moyenne en français. Résultat : des élèves en terminale qui ne savent pas aligner une seule phrase. Alors certains professeurs se
mobilisent en créant des associations, comme l’association Shahrazade qu’a fondée Latifa L’Iraki. C’est surtout d’illétrisme féminin que s’occupe Latifa L’Iraki : est illettrée une personne qui
sait déchiffrer un mot mais qui est incapable de comprendre le sens d’une phrase en général. Entre illettrisme et analphabétisme, la frontière est souvent ténue : l’abandon scolaire produit une
déperdition intellectuelle et beaucoup d’illettrés retombent dans l’analphabétisme. Sharazade travaille dans un centre de formation pour adultes où elle accueille des femmes de tous âges. En
outre ; les bénévoles de l’association se déplacent dans les écoles et collèges et organisent des ateliers d’écriture. Ce travail se fait parallèlement aux cours. Une enquête réalisée auprès des
élèves a montré que la plupart de ceux qui empruntent des livres sont ceux qui ont été amenés à participer aux ateliers et aux activités des bibliothèques. «Le désintérêt n’est donc pas absolu»
affirme Latifa L’Iraki, la fondatrice de l’association Shahrazade : «Il faut valoriser les jeunes. Nous ne sommes que des médiateurs. L’intérêt et la motivation du jeune doit durer ; même lorsque
celui-ci quitte l’association. Notre approche est qualitative, c’est pour cela que nous ne travaillons pas avec le ministère qui a une vision purement quantitative». Des exemples de réussite,
Latifa en a beucoup à donner : «Certaines femmes qui sont passées par chez nous ont constitué une bibliothèque maintenant. Beaucoup ont retrouvé un intérêt pour les livres ; certaines écrivent
mêmes. Il y a aussi le cas de cette jeune qui est arrivée analphabète chez nous, et qui ensuite a passé le certificat d’études primaires et qui l’a obtenu; c’est vraiment un problème de confiance
en soi».
Autre aspect du problème : celui du manque d’espaces publiques de lecture. Aussi incroyable que cela puisse paraître, toutes les écoles ne sont pas dotées d’une bibliothèque scolaire. Au-delà
même du scolaire, c’est le statut même et le fonctionnement des bibliothèques publiques qui est défaillant. La carence qualitative est certaine, un exemple parmi d’autres : la bibliothèque
publique de la ville de Kénitra oblige toute personne qui désire s’inscrire et emprunter des livres à fournir un certificat de scolarité, alors qu’il s’agit d’une bibliothèque publique ouverte à
tous et non d’une bibliothèque scolaire. Autre carence : les horaires administratifs. Les bibliothèques sont fermées les samedi et dimanche. L’esprit administratif est ici très nuisible car la
bibliothèque est un espace de loisirs, et c’est toute une mentalité (accueil laissant à désirer, manque d’informations…) qu’il faut revoir car il y a une incompréhenssion totale des missions des
bibliothèques ; par exemple, certaines bibliothèques ne possèdent même pas d’espace pour enfants. C’est donc l’image même et la perception de ces lieux de culture qui sont faussées. Difficile
donc de circonscrire précisément ce fléau de l’analphabétisme. Ses manifestations et ses conséquences sociales sont multiples. Une chose est sûre : le respect de soi et la constitution d’une
conscience citoyenne va de pair avec l’éradication de ce phénomène. L’exclu culturel est aussi un exclu politique, il ne faut pas aller chercher très loin le désintérêt des jeunes marocains pour
la politique. Comme le remarque le sociologue Mohamed Bekouchi : «La malingre participation aux élections législatives de 2007 des marocains émane en grande partie du décrochage politique des
handicapés culturels et de leur inconscience collective». ■
34% des Marocains sont illettrés
En comparaison avec les années précédentes, le taux d’alphabétisation semble connaître une amélioration certaine. Il était de 38,5% à fin 2006 contre 43% à fin 2004. Plusieurs intervenants locaux
et internationaux se sont impliqués pour réaliser cette baisse. Les femmes représentent 46,8% d’analphabètes contre 31,4 % d’hommes. Les filles sont toujours les premières à être retirées de
l’école. Mais ce n’est pas seulement une histoire de sexe. C’est aussi et surtout une question de milieu social. La population illettrée est à forte composante rurale. 54,4% contre 27,2% en
milieu urbain. Pour El Habib Nadir, directeur de la lutte contre l’analphabétisme, ces résultats sont encourageants, «la baisse significative du taux d’analphabétisme correspond à un recul de 4,5
points en deux ans, alors que le recul ne dépassait pas un point par an auparavant». Pour les enfants de moins de 15 ans, ils sont près d’un million de non scolarisés dont 65% de filles. «Depuis
1998, près de 350.000 enfants ont bénéficié de programmes d’alphabétisation et près de 35.000 enfants sont retournés à l’école» déclare Hssain Oujour, directeur de l’éducation non formelle.
Pourtant, le taux d’abandon scolaire demeure élevé malgré les efforts consentis. Il a été évalué à 5,7%, ce qui correspond à «250.000 enfants annuellement».
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Les paradoxes pathologiques contre l'emploi Le marché marocain de l'emploi souffre d'un paradoxe culturellement et sociologiquement pathologique. Des centaines de milliers d'offres d'emploi restent non pourvus, et notamment celles qui exigent des qualifications et de la mobilité sociale, inversement, 2 millions de jeunes ne trouvent pas de preneurs. Diplômés en formations inachevées ou peu prisées, d'autres sont carrément sans bagages scolaires, tous trainent dans une avalanche de stages à l'infini, débouchant dans le meilleur des cas, sur un emploi précaire, instable et dévalorisant. Ce dysfonctionnement structurel qui a une relation de cause à effet entre formation et emploi dure depuis une trentaine d'années, et ne cesse de se creuser, provoquant pour l'instant des contestations silencieusement assourdissantes chez les chefs d'entreprise et chez les travailleurs et plus particulièrement chez les jeunes. Là où le bât blesse, le gouvernement semble peu à l'écoute, peu pressé, peu courageux pour s'y engager avec imagination et agressivité par un programme d'action efficace sur la question sociale épineuse «éducation-formation-emploi». Il y a urgence pour que le gouvernement manifeste sa présence et agit en mettant en œuvre un plan d'actions qui aboutit à des résultats concrets. Opérateurs régionaux de l'emploi A cet effet, il doit rassembler l'élite du pays, les motiver à s'y impliquer autour de projets sociaux audacieux en toute liberté, en ayant en main des données sociologiques et statistiques fiables et mesurables sur cette question. Pour ne plus perdre du temps et aller directement au but, il faut mettre à la casse les codes erronés, les principes poussiéreux, et se libérer des statu quo technicistes et de toute sorte de préjugés nuisibles au dialogue et à l'action collective. Justement, le Forum permanent doit prendre racines au niveau des régions, entre et avec les animateurs-développeurs de la vie politique, économique et culturelle, les créateurs-innovateurs des idées et des expériences réussies, les groupes de croissance et toutes les forces vives de bonne volonté. Au-delà du droit de l'inventaire et du mea culpa des uns et des autres, il faut effectuer les états des lieux des sans emplois et des formations, la revalorisation des intelligences collectives, l'exploration des identités économiques en fonction des spécificités de chaque région et des différents secteurs tels le BTP, l'éducation, la santé, l'habitat, le tourisme, l'agriculture, les services immatériels, l'artisanat, la culture, les loisirs et les sports… En toute honnêteté intellectuelle et politique, le pouvoir public doit changer d'attitude de donneur d'ordres en modernisant sa vision des sociétés marocaines régionales, les désenclavant politiquement et économiquement pour les intégrer dans une stratégie nationale et internationale, en pratique, les soutenir à créer des systèmes d'informations et de gestion entre l'offre et la demande d'emploi, le ciblage des secteurs porteurs, la création d'écoles d'ingénieurs et de techniciens, l'accroissement, en moyenne de 5 à 10 nouveaux programmes de formation en express par an, se rapportant aux métiers émergents et aux professions manquant de compétences, la revalorisation du travail manuel et du savoir-faire traditionnel, la création de pôles de recherche et d'innovation, la labellisation des produits du terroir répondant aux normes internationales… A ce sujet, pour que la machine régionale de l'emploi puisse tourner vite et bien, elle a besoin d'un seul et unique opérateur gestionnaire d'orientation et de placement des sans-emploi. Ayant une autonomie d'action et bien armé en compétences et puis une mission précise, celui-ci saura à quoi se tenir. Son action sera évaluée annuellement et validée en fonction de ses performances dont dépend, certes, le renouvellement de son contrat. Articulation logique entre national et régions Politiquement, la légitimité des régions s'affirmera dans le domaine «éducation-formation-emploi» davantage par le pouvoir d'influences actives plutôt que par la simple prescription; ce qui impose l'articulation logique par rapport aux objectifs politiques définis au niveau national. Autrement dit, les pouvoirs publics doivent revoir leur copie puisqu'ils se trompent d'outils, d'intermédiaires, de méthodes d'accompagnement, et d'aspirations des jeunes et des attentes du marché, bref, oser placer l'imagination au service des intérêts collectifs. Là où le Maroc crée des programmes publics trop lourds et trop coûteux, gérés par une suradministration jacobine qui ignore presque tout de l'environnement de l'entreprise et des mutations internationales, la nouvelle tendance des dispositifs insertion professionnelle qui se généralise dans les pays qui gagnent des points précieux contre le chômage, privilégie la sous-traitance par le privé des services d'accompagnement des sans-emploi. L'Australie, les Pays-Bas, la Suède, l'Irlande, les Etats-Unis, le Canada qui ont opté pour cette politique accrue de défonctionnarisation, font appel à des agents économiques privés rôdés à un marché d'emploi plus fluide et très complexe par l'évolution technologique, la mondialisation, le nomadisme des compétences, la transition de l'industrie aux services cognitifs. Réapprendre à vivre ensemble, à travailler ensemble En adoptant le procédé de la sous-traitance de la gestion des compétences et de l'emploi par le privé , les performances des opérateurs régionaux seront quantifiables et visibles, par-dessus le marché, le budget de l'Etat marocain consacré à cette question sera nettement moins onéreux que les dépenses éparpillées qui lui y sont réservées actuellement; d'où possibilités d'investir le surplus dans des actions se rattachant, par exemple, à une meilleure harmonisation entre le demande économique et la gestion des compétences où à la mise en valeur d'expérimentations innovantes. Pour consolider les stratégies économiques régionales et miser sur la réduction du piège du chômage, il ne suffit pas de manier des incitants sporadiques tant financiers que pédagogiques, il incombe aux autorités nationales d'élaborer des politiques sociales attractives et macro-économiques pour d'une part s'attaquer aux causes profondes des migrations des jeunes vers les grandes villes (Casablanca, Rabat, Marrakech), et d'autre part, d'être susceptibles de stimuler et d'appuyer les initiatives régionales qui restent les moteurs fondamentaux de la croissance et la création d'emplois. A ce sujet, il faut avant tout que l'essentiel des intérêts des Marocains soit le Maroc, en premier, des décideurs nationaux et régionaux qui doivent réapprendre les bonnes habitudes de bons citoyens à travailler ensemble, à vivre ensemble pour rendre la société marocaine plus équitable, plus confortable et plus heureuse, du coup, les héritiers trouveront des raisons objectives et claires pour l'aimer et s'y investir pleinement. |
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Par Mohamed Hamadi Bekouchi | LE MATIN |
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Depuis la nuit des temps, l'objectif premier de l'entreprise reste le profit financier et l'augmentation de son capital. A ce sujet, le business n'obéit point au jeu de la roulette russe et s’oppose à tout ce qui provient de l’altruisme désuet et des lois divines
Association d’intelligences
Depuis la nuit des temps, l'objectif premier de l'entreprise reste le profit financier et l'augmentation de son capital. A ce sujet, le business n'obéit point au jeu de la roulette russe et s’oppose à tout ce qui provient de l’altruisme désuet et des lois divines. Plus que par le passé, toute entreprise qui vise l’excellence est condamné à inventer de nouvelles philosophies du travail pragmatiques et créatives car elle vogue dans une mer agitée et trouble ! Les rivaux les plus enragés renversent les inaptes.
L'entreprise est une association des intelligences collectives : hommes et femmes [1], de jeunes et de moins jeunes engagées dans une relation organique dans le travail leur prend le meilleur de ce qu'ils ont en mieux en force physico-affective, mentale et en fraîcheur intellectuelle. Par nature, c’est un lieu où s'orchestre avec le plus de conviction la valse des éthiques raisonnant, d’ailleurs, de moins en moins par catégories socioprofessionnelles ou par clans de rentiers et encore moins par esprit de propriétaire-carriériste.
Dénationalisée et mondialisée
Il n'y a pas très longtemps encore, l'entreprise marocaine avait des pratiques managerielles qui étaient intimement liées à son environnement économique immédiat et à l'héritage social et familial de son Maître féodal et de ses Sujets intimidés. C'est l'expansion de l'économie de marché à l'échelle mondiale via sa libéralisation et la multiplication des systèmes de communication qui a tout chamboulé en imposant des produits et des services immatériels et cognitifs » [2].
Obligée, par conséquent, de se d&nationaliser et de se dénationaliser, l'entreprise marocaine [3] ne peut accéder à l'arène des Grands que par la mise en valeur de ses intelligences humaines ; concrètement, les préparer à être capable d’imaginer et d’anticiper
Et pourtant, l’entreprise marocaine est restée muette et sourde aux profondes mutations sociologiques que connait le monde du travail et les rapports socioprofessionnels. Elle vit à l'âge usinier, sous-estimant la puissance de la révolution scientifique et économique qui se déroule autour d'elle. Très généralement, du PDG à l'agent d'accueil, ils s'accrochent à leur poste et aux systèmes archaïques d'organisation et aux anciennes filières d'attribution de galons fictifs.
Les logiques évidentes de changement
Que l'on soit patron, cadre, agent d'exécution ou encore artisan ou saisonnier, ou jeune sur la voie d'intégrer le monde du travail, le parcours professionnel ne sera plus canalisé dans le même secteur d’activités ni le même métier ni dans la même localité pour la vie comme par le passé.
Si les logiques évidentes de changement deviennent une exigence de la société des sciences et des techniques. Paradoxalement, le gros du bataillon y compris des dirigeants marocains, n'a pas la fringale du savoir ni ayant assimilé les cultures de changement. Difficile, par conséquent, pour les uns comme pour les autres de se débarrasser, du jour au lendemain ; de lourds handicaps psychologiques et culturels qu’ils trimbalent, dès lors, le danger qu’affronte l’économie marocaine, n’émane pas foncièrement de la puissance des Grands pays et des multinationales, mais plutôt de la manière de réagir avec les logiques d'hier
Tristement, seule une minorité de leaders marocains a intériorisé les valeurs du changement ; du coup, ils rayent de leur tableau de bord tout ce qui peut naître de la seigneurie tribale du début du 20ème siècle et de la procrastination. Ne dormant jamais sur leurs lauriers. Ils savent que leurs collaborateurs ont besoin d’eux, à tout instant, pour les écouter, pour les conseiller, pour les motiver et parfois, pour les remettre à leur place.
Conscients que tout se construit et se défait sans délai. Plus question pour cette race de mentors de se contenter d'observer le train en marche. N’est- ce pas la légende de l'entreprise gagnante ne se déclare pas, elle se crée à travers l'innovation et la croissance ? Il y a déjà presque deux siècles que Schumpeter, le fondateur de l'économie du changement, a mentionné «qu'à l'origine du profit se trouve l'innovation» [4].
Revalorisation du smic culturel
Dans une dizaine d’années, il faut dire adieu dans à l'arpète, au mousse, au coursier, à la domestique, aux marchands ambulants, aux petits détaillants, aux gardiens de voitures, qui furent longtemps des occupations honorables, un écran social contre l'exclusion et l'anomie.
Hostile aux résistances et à l’ignorance, le principal capital de la société des sciences et des techniques provient des intelligences. Aucune nation comme entreprise qui n'en est pas persuadées ne survivront. Des milliers de nouveaux métiers et de nouveaux secteurs d’activités et de nouveaux produits [5] apparaîtront exigeant, du coup, une ressource humaine qualifiée et mobiles ; « une sorte de génération inoxydable » [6].
A cet effet, le smic culturel est revalorisé ne se limitant plus à savoir lire et écrire. La personne doit, de surcroit, être en mesure de maîtriser une ou deux langues, de posséder des connaissances substantielles en informatique et en culture générale et ayant le goût de mobilité et la prise d’initiatives. On relève fâcheusement que le Maroc parait bien loin du compte. Une certitude, si la société marocaine demeure sous l'emprise du démon des illusions perdues et fantasmagoriques, elle risque, facto, d’être renvoyée, à l'ère antique ou de fabriquer que sa propre menace et son auto flagellation... voire son suicide économique et culturel.
Promoteurs de démocratie économique et culturelle
Incontestablement, l’unique choix pour les politiques, les dirigeants d’entreprise, les syndicalistes, les intellectuels et tous ceux qui sont posés sur un quelconque trône doivent trouver de nouvelles raisons suffisamment solides et convaincantes pour inciter les générations montantes à croire et à aimer le Maroc et la vie.
En clair pour que les espérances marocaines ne soient plus que fantasmes et discours nationalitaires et se transforment en projets gagnants, tous :grands comme petits doivent être conscients et s’engagent car ils sont embarqués dans le même bateau devenir d’authentiques promoteurs d'une démocratie économique et culturelle, plus forte et plus juste, favorisant, ainsi, au Maroc dans un moyen terme ; 10 à 15 ans, l'accès à la galaxie des nations heureuses.
N'est-il pas prouvé que le leitmotiv des entreprises et des nations qui visent l'excellence a pour tiercé gagnant : travailler beaucoup, travailler toujours et travailler encore ?
[1] La mixité sexuelle est une évidence naturelle, une exigence de civilisation des temps modernes. En Europe, la proportion des femmes actives par rapport aux hommes « est de 45,5% en France, de 45,7% en Allemagne, de 46% en Grande Bretagne et de 41% en Espagne ». Invraisemblable ! Pour les 10,5 millions d'actifs au Maroc on enregistre à peine 2,5 millions de femmes : 4 hommes pour moins d'une femme. En plus, des discriminations salariales et des harcèlements moraux et sexuels, elles sont sous-représentées dans les postes de direction. En revanche, celles-ci représentent le plus gros bataillon dans les industries manufacturières et la catégorie du personnel intérimaire et domestique.
[2] GORZ A. L’immatériel, Ed Galilée, 2003
[3] EL MALKI T. Risque pays et stratégies d’investissement : le cas du Maroc, Ed Okad El Jadida.2006
[4] SHUMPETER Joseph, Les cycles des affaires; Business Cycles: a Theoretical, Historical and Statistical Analysis of the Capitalist Process. 1939
[5] En 2008, plus de 1 000 produits verront le jour, juste dans le secteur numérique
[6] CIQUEL M., La génération inoxydable, Ed Grasset, 1989.
*Pr. Mohamed Hamadi Bekouchi est aussi un spécialiste des secrets de l’univers entrepreneurial. En sa qualité de consultant international, il conseille de grands dirigeants aux quatre coins du monde. Après son dernier succès « La Diaspora Marocaine », son nouvel ouvrage, « La rage de gagner » s’attaque au sujet passionnant et épineux du développement personnel, de l’intelligence collective et de l’épanouissement de l’entreprise marocaine. Voici le fruit de trente années d’expériences au Canada, en France, en Grande Bretagne, aux Pays Scandinaves, au Brésil et en Afrique du Nord.
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Classes moyennes et crise internationale : Le Maroc «sans
milieu social»
Mohamed Hamadi Bekouchi
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Le Maroc a connu des transformations radicales qui ont mis en avant l’urgence de la question sociale. La crise internationale risque de donner le coup de grâce à la classe moyenne déjà bien fragile.
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Enseignants, médecins, avocats, journalistes, la classe moyenne est–elle insensible à la flambée des prix des produits
alimentaires et des loyers ? Cette flambée a déclenché des mouvements de protestation et de revendication qui demeurent très généralement souterrains, rassemblant, au-delà des classes moyennes
intermédiaires et inférieures de larges employés et professionnels (enseignants, médecins, avocats, jeunes entrepreneurs, journalistes). En dépit de cette situation dramatique, aucun débat
sérieux ni prise de décision majeure sur la question sociale au sein de l’assemblée parlementaire ou au niveau de sphères plus haut sur la crise et les revendications des travailleurs, au-delà
des salaires (droits sociaux, protection médicale, formation, promotion..), l’intégration professionnelle des jeunes, la gouvernance des administrations y compris les collectivités locales, les
comptes des organismes sociaux, la corruption, la flambée des prix des matières de première nécessité.
Il n’y a pas de doute qu’économiquement la société marocaine s’effrite. La très grande majorité des Marocains souffre du mal être social, frustrée, raclée dans une espèce de classes moyennes
bâtardes, bradées et indéterminables s’étendant sur plusieurs denses étages intermédiaires et inférieurs.
Profondément inquiètes, cyniques, voire aigries vis-à-vis des décideurs, elles subissent la loi des politiques molles et d’opacité. Ne savant plus à quel saint se vouer, les classes moyennes sont
en train de s’étouffer dans la tour infernale des violences et de l’incertain.
Spirale de la pauvreté
«Ni rentiers ni nantis, les classes moyennes» ne sont plus protégées contre la pauvreté par le travail. Et moins encore par la voie de la distinction sociale ni d’enrichissement. Pour preuve, les
classes moyennes intermédiaires et inférieures sont en situation de précarité. Cependant, en dépit de leur angoisse et de leur colère, elles sont, quelque part, fières d’échapper à l’assistance
familiale et la délinquance. A cet effet, les classes moyennes intermédiaires et inférieures peinent depuis un âge très précoce et pourtant, elles ne peuvent presque jamais acquérir le minimum
vital matériel et culturel pour se nourrir, se loger ou se soigner ou encore envoyer dans de bonnes conditions leurs enfants à l’école.
La dynamique de la spirale de la pauvreté des classes sociales, est moins d’être marginale ni d’ordre conjoncturel. Bien au contraire, elle est installée dans la durabilité; visible et
infectante, la pauvreté prend une ampleur inquiétante, et concerne tous les âges, les deux sexes , les urbains et les ruraux, les analphabètes et les peu qualifiés. Même les jeunes diplômés de
l’université issus des catégories intermédiaires, voient se dérober sous leurs pas les dernières marches à l’entrée dans les classes moyennes. Ils vivent ce retournement comme un risque de
déchéance et de marginalisation dans une classe d’incertitude sans avenir ni retour, et leurs parents assistent amèrement avec eux à l’extinction d’un projet social hier triomphant et
confortable. Si naguère, la pauvreté rongeait, le plus souvent les orphelins et les vieillards abandonnés, aujourd’hui, les pauvres sont avant tout des jeunes, pleins d’avenir dans la pauvreté et
l’anomie. Finalement, ce n’est plus seulement une question de chiffres, au demeurant, impressionnants il s’agit d’un glissement périlleux et indéfinissable des classes moyennes vers les
intermédiaires et les inférieures. Voire l’exclusion sociale.
En tout état de cause, le niveau de pauvreté, maintenant n’existe plus. Tout le monde se considère pauvre, dans les meilleurs des cas, il stationne au parking du seuil de la pauvreté avec une
peur viscérale d’être éjecté vers les bas fonds de la société.
Reproduction sociale
Sociologiquement, la société marocaine est relativement semi-rigide d’où les mécanismes de reproduction sociale fixent les classes intermédiaires et inférieures, de ce fait, elles ne peuvent
espérer accéder à un statut plus élevé et prometteur. A cet égard, leur statut actuel ne leur permet d’exercer que des emplois dégradants, mal payés, et en aucun cas, une garantie pour s’en
sortir et gagner des galons.
Vivant très généralement en familles nombreuses, les charges des classes moyennes augmentent disproportionnellement par rapport à leur revenu, d’où la multiplication des facteurs de risque de la
pauvreté. En pratique, elles sont contraintes de réduire leur achat en biens de consommation de première nécessité ; l’alimentaire, l’habitat, les équipements mobiliers et électroménagers, les
produits culturels et les loisirs. En fin de compte, la dynamique de la spirale de la pauvreté aplatit ces classes sociales dans une survie en sursis. Il est clair que la pauvreté au Maroc a
encore de beaux jours devant elle.
Informel et corruption
Un profond sentiment d’infériorité, de peur, d’impuissance et de vicissitudes, d’être en marge et dépendant, maintient les classes moyennes dans «une économie du marché désorganisée, minée» de
l’informel et nourrie des corruptions. Un adage Chinois dit que lorsque «la sardine commence à sentir mauvais, c’est par la tête». Nul ne doute que l’autorité de l’Etat est affaiblie, puisque les
pouvoirs publics ont perdu la main sur un système économique de l’immédiat et du jetable, aggravé par la dérégulation et l’ivresse financière mondiale. En absence de solidarité institutionnelle,
beaucoup de classes moyennes « sont exclues de régime social du droit commun et des dispositifs de formation professionnelle» , de ce fait, elles subissent une double peine : rester dans le
meilleur des cas, des éternels smicards végétant avec un pécule de misère et condamnées à être clouées en zone de précarisation et de sans issue.
Plus de 5 millions fourrées en Classes inférieures
«Ces exclus de promotion sociale refusent la mendicité et la tricherie sociale». Il ne s’agit pas pour eux de travailler plus pour gagner plus, encore moins pour s’enrichir, d’ailleurs,
fondamentalement cet axiome arithmétique ne les a jamais fait rêver, et pour cause ! Leurs préoccupations élémentaires ; en termes, de gravité et d’urgence, se réduisent avant tout ; comment
faire pour bénéficier de minimum de garanties universelles, tels l’accès aux soins de base de santé, au revenu minimum prestations familiales, ou encore aux pensions de vieillesse et d’invalidité
?
Ce mal être social touche plus de 5 millions de classes moyennes. Cette situation est anachronique dans un pays qui prône le Droit de l’Homme et la démocratie. C’est pourquoi, l’Etat doit se
placer comme un révolutionnaire politique en réformes structurellement profondes et opérateur de bonne gouvernance sociale et fiscale, en d’autres mots, un garant et un avant-gardiste dans le
pilotage d’une stratégie politique agressive dans l’amélioration des conditions du travail et des salaires des classes moyennes, dans la dynamisation de processus de leur accès à la formation,
l’actionnariat et le partage des richesses. En ce sens, il est urgent que les pouvoirs publics osent mettre en formes des dispositifs d’informations et d’accompagnement pour les classes moyennes,
c’est la meilleure manière de redonner à ces catégories de la population marocaine toute leur dignité, certes, la place qu’elles méritent.
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